La vie chrétienne normale 4ième partie

L’Eglise, le corps de Christ.

Le dessein de Dieu dans la création dépasse infiniment ce qu’Adam a connu. Quel était ce dessein ? Dieu voulait avoir une race d’hommes dont chaque membre posséderait un esprit par lequel serait possible la communion avec Lui-même, qui est Esprit.

Cette race possédant la vie même de Dieu, devait coopérer avec Lui pour l’accomplissement de Son but éternel, en maîtrisant toute révolte de l’ennemi, et en détruisant ses œuvres mauvaises. Dieu veut des fils qui seront cohéritiers avec Christ dans la gloire.  Tel était le grand plan de Dieu.

Comment pourra-t-il désormais être réalisé ?

La réponse se trouve encore dans la mort du Seigneur Jésus. C’est une mort puissante. Elle est quelque chose de positif, elle a un but déterminé, qui va bien au-delà de la reconquête d’une position perdue. Car, par elle, non seulement le péché et le vieil homme ont été mis de côté, et leurs effets annulés, mais quelque chose de plus, quelque chose d’infiniment plus grand, a été introduit.

Maris, aimez vos femmes comme Christ a aimé l’Église et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier, après l’avoir purifiée par le baptême d’eau et par la parole, pour faire paraître devant lui cette Eglise pleine de gloire, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. (Ephésiens 5.25-27)

 

Dieu a un Fils, que nous connaissons comme le Fils unique, et Dieu désire que le Fils unique ait des frères. De sa position de Fils unique, Il deviendra le Premier-né. Dieu aura beaucoup de fils. Un seul grain de blé est mort, et beaucoup de grains en jailliront. Le premier grain a été, un jour, le seul grain ; il est maintenant devenu le premier de beaucoup de grains. Le Seigneur Jésus a donné sa vie, et cette vie a jailli dans beaucoup d’autres vies. Or, dans l’image que nous venons de considérer, le fruit de la croix est une personne unique : une Épouse pour le Fils. « Christ a aimé l’Église et s’est livré lui-même pour elle. »

 

Nous, qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ ; et nous sommes tous membres les uns des autres. » Tous les membres réunis sont un seul Corps, car tous partagent sa vie, et Il est comme réparti entre ses membres.

Ainsi, dans Romains 12.3-6, Paul tire de l’image du corps humain la leçon de notre dépendance les uns des autres. Les chrétiens individuels ne sont pas le Corps, mais ils sont membres du Corps, et dans un corps humain, tous les membres n’ont pas la même fonction. L’oreille ne peut prétendre être un œil. Aucune prière, si fervente soit-elle, ne donnera jamais la vue à l’oreille, mais le corps tout entier peut voir grâce à l’œil. Ainsi, pour parler d’une manière imagée, si je n’ai que le don de l’ouïe, je puis cependant voir par d’autres qui ont le don de la vue, ou peut-être puis-je marcher, mais non travailler ; je recevrai alors l’aide d’autres mains ». En Christ, les choses que nous ne savons pas, d’autres les connaissent, et c’est par eux que nous pouvons les connaître et en jouir. Ceci est un facteur vital dans la vie des enfants de Dieu. Nous ne pouvons pas nous passer les uns des autres. C’est pourquoi la communion dans la prière est si importante, La prière unie des croyants apporte l’aide du Corps, ce qui ressort clairement de Matthieu 18.19-20.

En vérité, je vous dis encore que si deux d’entre vous sur la terre s’accordent pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux.

 

Il peut n’être pas suffisant de me confier par moi-même au Seigneur. Il faut que je me confie à Lui avec d’autres. Il faut que j’apprenne à prier « Notre Père … » sur la base de l’unité du Corps, car dans le domaine du service, je ne parviendrai à rien d’efficace sans l’aide du Corps. Dieu se donnera beaucoup de peine pour me l’enseigner. Il permettra que les portes se ferment et que je me heurte à un mur, jusqu’à ce que je prenne conscience d’avoir besoin de l’aide du Corps, comme de celle du Seigneur. Car la vie de Christ est la vie du Corps, et ses dons nous sont accordés pour une œuvre qui édifie le Corps. La Bible ne dit pas simplement que l‘Eglise est semblable à un corps : elle est le Corps de Christ.

 

Tous les membres réunis sont un seul Corps, car tous partagent sa vie.

 

En Christ, je suis mort à cette vieille vie d’indépendance héritée d’Adam, et dans la résurrection, je suis non seulement un croyant individuel en Christ, mais un membre de son Corps, et j’abandonne aussitôt mon indépendance, pour rechercher la communion

La vie de Christ en moi m’attire vers la vie de Christ dans les autres.

Je ne pourrai plus suivre un chemin individuel. La jalousie disparaîtra. La rivalité tombera. Tout ce qui est œuvre privée cessera. Mes intérêts, mes ambitions, mes préférences, tout cela disparaîtra. Peu importe lequel d’entre nous accomplit l’œuvre. Ce qui importe, c’est que le Corps s’accroisse.

La vie de Christ a été libérée pour être répandue et trouver son expression en nous, par le moyen du Saint-Esprit qui demeure en nous. De l’autre côté, elle a rendu possible ce que nous appelons « porter sa croix », c’est-à-dire notre coopération à l’action profonde et continue de sa mort, pour que cette vie nouvelle soit manifestée en nous, à mesure que « l’homme naturel » est amené à la soumission au Saint Esprit qui est sa juste place.

 

La marche du disciple en tant que serviteur de Dieu.

 

C’est de lui que le Seigneur Jésus a dit : « Quiconque ne porte pas sa croix et ne me suit pas ne peut être mon disciple.  (Luc 14.27).

Il nous faut donc examiner ce qu’est l’homme naturel et ce que signifie « porter sa croix ». Pour le comprendre, il nous faut, une fois de plus, revenir à la Genèse et voir ce que Dieu cherchait à avoir dans l’homme au commencement, et comment son dessein a été entravé. Nous pourrons de cette manière saisir les principes qui nous ramèneront à une vie en harmonie avec ce dessein.

Adam fut créé une âme vivante, il avait en lui un esprit par lequel il pouvait être en communion avec Dieu, et avait un corps pour être en contact extérieurement avec le monde matériel.

Que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible pour l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ. (1 Thessaloniciens 5.23)

 

 

Dieu cherchait à avoir sur la terre, non seulement une race d’hommes d’un seul sang, mais une race où dans chacun de ses membres résiderait, en plus, Sa vie. Une telle race devait finalement triompher de la chute de Satan et contribuer à l’accomplissement de tout ce qui était cher au cœur de Dieu. C’était là ce que Dieu avait en vue dans la création de l’homme.

Nous avons vu ensuite qu’Adam avait un esprit qui le rendait capable d’être en communion avec Dieu ; mais en tant qu’homme, il avait le pouvoir de choisir et il pouvait, s’il le désirait, se tourner du côté opposé.

Le but de Dieu pour l’homme, c’était « l’état de fils » ou, en d’autres termes, l’expression de sa vie dans des êtres humains. Cette vie divine était représentée dans le jardin par l’arbre de vie, qui portait un fruit que l’homme pouvait recevoir, accepter et manger.

 

Si Adam s’engageait volontairement sur ce chemin, en choisissant librement d’être dépendant de Dieu, s’il acceptait le fruit de l’arbre de vie qui représentait la vie même de Dieu, alors Dieu partagerait sa vie avec les hommes et Il aurait « des fils », Mais si, par contre, Adam se tournait vers l’arbre de la connaissance du bien et du mal, il serait « libre » de se développer selon ses propres penchants, en dehors de Dieu. Cependant, parce que ce dernier choix entraînait la complicité avec Satan, Adam se trouverait ainsi dans l’impossibilité d’atteindre le but auquel Dieu l’avait destiné.

 

La racine du problème : l’âme humaine

Nous connaissons maintenant la voie que choisit Adam qui le mettait ainsi dans l’impossibilité d’atteindre le but auquel Dieu l’avait destiné. Se trouvant entre les deux arbres, il céda à Satan et prit du fruit de l’arbre de la connaissance. Cela détermina l’orientation de son développement. Dès lors, il disposa d’une connaissance ; il « connut ».  En effet, le fruit de l’arbre de la connaissance fit du premier homme un être « surdéveloppé dans son âme ». L’émotion fut touchée, parce que le fruit était agréable à la vue et provoqua en lui le « désir ».

La pensée, avec sa force de raisonnement, se développa car il fut « rendu intelligent ». La volonté se fortifia, de sorte que, dans l’avenir, il pourrait toujours décider du chemin à suivre. Le fruit servit à l’épanouissement et au plein développement de l’âme, de sorte que l’homme ne fut plus seulement une âme vivante, mais allait désormais vivre par son âme. L’homme ne possède pas seulement une âme, mais, à partir de ce jour, cette âme, avec sa faculté de libre choix, prend la place de l’esprit comme puissance animatrice de l’homme. C’est ce que Satan a produit par la chute. Il a poussé l’homme à s’engager dans une voie où son âme se développerait à un tel point qu’elle deviendrait la source même de sa vie.

 

C’est pourquoi, si je vis « selon la chair », je m’aperçois que ce qui est à moi en Christ est, pour ainsi dire, tenu en suspens en moi. Bien que, je sois en Christ, si je vis dans la chair, c’est-à-dire dans ma propre force et selon ma propre volonté, je m’aperçois avec consternation que c’est ce qui est d’Adam qui se manifeste en moi.

Si je veux connaître en pratique tout ce qui est en Christ, il faut que j’apprenne à vivre dans l’Esprit.

Vivre dans l’Esprit, cela signifie que je me confie au Saint-Esprit, pour qu’Il accomplisse en moi ce que je ne puis pas faire moi-même. Cette vie est complètement différente de celle que je vivrais naturellement par moi-même.

 

Ce que Dieu fait maintenant, c’est le travail d’émondage du vigneron. Il y a dans nos âmes un développement indiscipliné, une croissance déréglée, qui doivent être contrôlés et arrêtés. Il faut que Dieu tranche cela. Il faut que nos yeux soient ouverts sur ces deux aspects de l’action de Dieu en nous. D’un côté, Dieu cherche à nous amener à la place où nous vivons par la vie de son Fils. De l’autre côté, Il poursuit une action directe dans nos cœurs, pour détruire cette autre source naturelle, qui est le résultat du fruit de la connaissance.

Nous apprenons chaque jour ces deux leçons : un accroissement de la vie de son Fils, et un arrêt et une mise à mort de cette vie de l’âme. Ces deux actions se poursuivent sans cesse, car Dieu cherche le développement parfait de la vie de son Fils en nous, afin de pouvoir se manifester Lui-même, et dans ce but, Il nous ramène, en ce qui concerne notre âme, au point de départ d’Adam.

Paul dit à ce sujet : Nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre chair mortelle. (2 Corinthiens 4.1 1)

Qu’est-ce que cela signifie ?

Cela veut dire tout simplement que je n’entreprendrai rien sans me confier à Dieu. Je ne trouverai aucune capacité en moi-même. Je ne ferai aucun pas, simplement parce que j’ai le pouvoir de le faire. Alors même que j’aurais hérité d’un tel pouvoir, je ne m’en servirai pas, je ne mettrai aucune confiance en moi-même. En prenant le fruit, Adam devint possesseur d’un pouvoir d’action, mais d’un pouvoir qui le livra directement entre les mains de Satan.

Nous perdons ce pouvoir d’action, lorsque nous en arrivons à connaître le Seigneur. Le Seigneur nous l’enlève, et nous découvrons qu’il nous est désormais impossible d’agir de notre propre initiative. Nous devons vivre par la vie d’Un Autre ; nous devons tout recevoir de Lui.

Si l’on cherche à avancer avec Dieu, on sent combien la lumière est nécessaire pour connaître la pensée de Dieu ; pour savoir ce qui est de l’esprit et ce qui est de l’âme, pour connaître ce qui est divin et ce qui est simplement de l’homme, pour discerner ce qui est vraiment céleste et ce qui n’est que terrestre. Pour saisir la différence entre les choses qui sont spirituelles et les choses qui sont charnelles, pour savoir si c’est réellement Dieu qui nous dirige, ou si nous marchons par nos sentiments, nos impressions et notre imagination. Lorsque nous sommes arrivés au point où nous voulons suivre Dieu en toutes choses, nous découvrons que la lumière est la chose la plus nécessaire dans la vie chrétienne.

 

Adam n’a pas fait entrer le péché dans le monde en commettant un meurtre. Cela arriva plus tard. Adam fit entrer le péché en choisissant le chemin par lequel se développerait son âme, afin de pouvoir marcher seul, indépendamment de Dieu. C’est pourquoi, quand Dieu s’assure une race d’hommes qui servira à Sa gloire, et qui sera son instrument pour l’accomplissement de son dessein dans l’univers, la vie de chacun de ces hommes – oui, leur respiration même – sera dépendante de Lui. Il sera pour eux « l’arbre de vie »,

 

Christ est notre lumière. Il est la Parole vivante, et lorsque nous lisons les Écritures, cette vie qui est en Lui nous apporte la révélation. « La vie était la lumière des hommes » (Jean 1,4). Une telle illumination peut ne pas se faire pour tous de façon soudaine, mais graduellement. Cependant, elle sera de plus en plus claire et pénétrante, jusqu’à ce que nous soyons dans la lumière de Dieu et que disparaisse toute notre confiance en nous-mêmes. Car la lumière est ce qu’il y a de plus pur au monde. Elle purifie. Elle stérilise. Elle tue ce qui ne doit pas exister.

Rappelons-nous la dépendance de Jésus, lorsqu’Il a dit : « Je ne puis rien faire de moi-même ; je juge d’après ce que j’entends : et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. (Jean 5 :30)

 

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