La création du temple de Clermont l’H (Jean Domon)

    Cet article est un extrait du dernier livre du pasteur Jean Domon,  « les chemins de l’Inattendu » Editions de la Campagnette.

Dans ce court chapitre Jean Domon raconte comment c’est mise en place la communauté protestante de Clermont l’Hérault…

 

 

 

 

Et les méandres de la vocation. Clermont l’Hérault

J’ai toujours été passionné par le théâtre biblique. Ma thèse de fin d’études ça ne fait l’écho (Réflexions sur la transposition théâtrale des textes bibliques).

Avant la fin de mes études mais professeur de théologie avait déjà en tête de m’affecter au poste d’évangélisation de Clermont l’Hérault en qui mon professeur de théologie pratique, le pasteur Rimbaud, voyait une promesse de paroisse Réformée. Et qui correspondait mieux à mon tempérament qu’une église traditionnelle.

C’est par le biais du théâtre biblique que je fit la connaissance de ceux qui deviendrait mes paroissiens.

J’y arrivai en septembre 1955, accueilli chaleureusement par une poignée de familles protestantes, vivant dans un village à forte population d’immigrés républicains espagnols.

Porté par ce noyau de communauté, je rassemblai leurs enfants, la plupart du temps chez moi et leur proposai, non pas du catéchisme, mais des jeux, des saynètes bibliques auxquelles je ne dédaignais pas de participer.  Leurs copains de quartier, alléchés par ce style club de jeunes, acceptèrent l’invitation de cet adulte qui les prenait au sérieux et  savait faire la fête avec eux. À leur tour, les ados « vinrent voir » et se passionner pour le théâtre, même biblique. Bientôt, les parents, qui voulait « avoir un œil » sur les activités de leurs enfants, trouvèrent leur place dans les conférences-débats organisées dans la grande salle de la mairie, et les voyages en cars qui leur permettait de revoir l’Espagne.

Au bout de quelques années, une vraie communauté plurielle s’était créé dans la bonne humeur et l’amitié.

Bientôt le petit foyer de la rue Frégère (la bien nommée) ne fut plus représentatif du dynamisme de la communauté et la Société d’Evangélisation donna son feu vert pour trouver un local plus vaste et moins excentré. Tout un mouvement d’artisans ce mit en branle et bientôt les travaux terminés, le Foyer Evangélique de Clermont l’Hérault fêtait son inauguration en présence du président de la SEBAL, du président de la région ERF du maire de Clermont et du préfet de l’Hérault.

Dans la foule qui, après le culte réformé, envahissait massivement rez-de-chaussée, étage et dépendances on comptait, en étant optimiste, une dizaine de familles d’obédience protestante. Mais tout le monde était impressionné par la transformation rapide de cette remise agricole en salle du culte, et surtout par l’espace réservé aux jeunes. Nous vécûmes là quelques riches années très prometteuses.

 

Les cantagrils

C’est le nom poétique et occitan que se donnèrent les filles et garçons du groupe de jeunes du Foyer évangélique 

pour déclarer leur association. Leurs activités étaient diverses mais leur joie d’être ensemble était communicative. Dans ce qui était en train de devenir une paroisse, ils prenaient leur part à l’organisation des événements et se surpassaient lors des spectacles de Noël.

Si, à leur corps défendant, ils entendaient parler d’Evangile, ils n’avaient guère besoin de modèles pour faire régner une véritable amitié fraternelle dans leur groupe, et se déplaçaient pour donner leurs spectacles dans la région.

Ils devinrent une activité importante dans l’organisation de la communauté du Foyer Evangélique. Au bout de sept ans un jeune couple d’enfants d’immigrés me demanda de bénir son union. 

C’est à ce moment que l’Eglise Réformée de Montpellier me demanda de prendre la succession du travail accompli par le pasteur Seindenbinder responsable de la jeunesse des paroisses de Montpellier. Je résistai deux ans à cet appel, puis me rendit finalement aux arguments pressant de mes autorités ecclésiastiques…

 

Pasteur Jean Domon

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