Culte avec Michel Prat

Michel Prat, notre prédicateur, musicien, menuisier, trésorier et plus .. a su présenter un culte au pied levé. Plusieurs personnes ont participé à ce culte collectif  comme on les aime par ici.

Merci Michel !

Lectures : Esaïe 40 ; 1à5 et 9à11

Marc1 ; 1à8

2 Pierre 3 ;8à14

Les temps sont accomplis.

La semaine dernière, avec Karine qui nous a conduit dans ce premier dimanche de l’Avent, nous étions invités à veiller, à attendre celui qui vient nous sauver. Aujourd’hui, nous savons qui est cet homme qui était parti en voyage et qui vient : « Voici votre Dieu ! » Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance », nous disent Esaïe et Jean Baptiste.

Notre 1ère lecture est tirée de la seconde partie du livre d’Esaïe. C’est même le début de cette seconde partie qui commence au chapitre 40. Dans la première partie du livre d’Esaïe, le peuple était invité à la conversion, à se retourner vers le Seigneur, à changer de conduite pour éviter la chute et la ruine de Jérusalem. La conversion n’a pas eu lieu, ils avaient des yeux et ne voyaient pas, des oreilles et n’entendaient pas, tout a disparu et ils sont partis en esclavage à Babylone.

Il n’est plus question de conversion dans cette seconde partie du livre d’Esaïe. Le peuple est captif, il n’a plus sa liberté et la conversion présuppose justement la liberté. Ce peuple brisé, captif, humilié, esclave a besoin d’autre chose. C’est de consolation qu’il a besoin : Consolez, consolez mon peuple, – dit votre Dieu. Cette seconde partie du livre d’Esaïe est donc appelée le Livre de la Consolation. Esaïe annonce donc le temps de la consolation, le temps du pardon.

Dans l’évangile de Marc, il nous est dévoilé qui est ce serviteur qui apporte au monde le salut, le pardon des péchés : « Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu ». Et on se souvient alors des premiers mots de la Bible : « Au commencement Dieu créa les cieux et la terre » comme si Marc annonçait un nouveau commencement, non plus celui de la création mais désormais le commencement d’une histoire nouvelle celle de Jésus Christ parmi nous. Et c’est bien de cela qu’il s’agit : C’est effectivement le commencement d’une histoire et d’une aventure jusqu’ici jamais racontées ni même jamais vécues, celle de Dieu qui vient en personne au sein de sa création.

Ces dimanches de l’avent qui précèdent Noël dans notre liturgie, annoncent en réalité l’Avent du Christ et nous préparent à découvrir l’aventure que Dieu a décidé de vivre parmi nous. Cette aventure n’est pas le fait d’une improvisation soudaine, ni le résultat d’un caprice où Dieu visiterait son monde comme on visite un pays, motivé seulement par la curiosité, l’envie de voyager ou plus simplement de se distraire. Ici l’auteur de l’évangile nous apprend que cette aventure est ressortie d’un véritable projet et qu’il s’inscrit dans une histoire ancienne dont chaque lecteur doit être informé

Dans le livre du prophète, l’évocation de cette initiative avait déjà toute sa place : « Je vais envoyer mon messager devant toi, dit Dieu, pour t’ouvrir le chemin. C’est la voix d’un homme qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur, faites-lui des sentiers bien droits. »

Dès les premières phrases de notre récit nous sommes mis en présence de ce projet dont témoigne Esaïe et que va confirmer à sa manière Jean Baptiste par ses appels pathétiques à la conversion et au baptême de repentance.

La période de l’avent est le moment de la mémoire vive de notre église qui nous renvoie à l’histoire de la création et puis au projet de Dieu qui se réalise maintenant : Il vient et veut rencontrer ses créatures. Du moins est-ce là l’originalité de la foi d’Israël et de toute l’Eglise qui proclament un Dieu qui est tout le contraire d’indifférent ou d’inactif, c’est un Dieu qui aime l’humanité et choisit de l’aimer totalement.

Par ses prophètes, ses témoins et ses serviteurs, il transmet cette information (bonne nouvelle) éminemment positive selon laquelle notre vie à du prix à ses yeux, au point qu’il désire nous rencontrer et se faire reconnaître par nous pour enfin nous sauver du mal et de la mort.

Il est le berger qui va faire paître son troupeau, porter ses brebis sur son cœur nous dit Jean Baptiste il est en fait le messager du messager. Il vient pour annoncer que celui que le monde attendait est bien là. Jean Baptiste n’est pas le chemin, mais celui qui ouvre le chemin. Jean Baptiste n’est pas le salut, mais il en est le témoin. Jean Baptiste ne pardonne pas les péchés mais il est là pour préparer le pardon : « Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. ».

Jean Baptiste n’aplanit pas le chemin, ne comble pas les ravins, n’abaisse pas les montagnes et les collines, mais il annonce que la route dans le désert est ouverte et que les ravins de notre péché, les montagnes d’orgueil et les collines d’égoïsme sont abaissées.

Jean Baptiste remplit le rôle que chacun de nous doit tenir, être messager de la Bonne Nouvelle (« évangile » en Grec) de Jésus Christ, Fils de Dieu. Cet évangile au cœur de l’Avent nous rappelle la mission de témoignage que nous avons à vivre comme baptisés dans l’eau et dans l’Esprit.

Il vient, vous le voyez pour nous tous c’est-à-dire pour chacun et chacune de vous aujourd’hui. Tout l’évangile de Marc en témoigne !

Les temps sont accomplis nous dit Jean Baptiste. Le Salut nous est donné en la personne du Christ. Pourtant, notre monde semble encore bien loin de cette attente réalisée :« Ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice. » La justice dont parle Pierre semble encore bien loin alors que les temps sont accomplis. La lettre de Pierre nous fait entrer dans le temps de Dieu qui n’est pas notre temps : « il est une chose qui ne doit pas vous échapper : pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. » Le salut est là, réalisé en la personne du Christ, par son incarnation, sa mort et sa résurrection. Mais le jour du salut est un jour qui ne se dévoile que petit à petit afin que nul homme de cette terre puisse être sauvé : « Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard. Au contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion. » Le jour du salut commence à Noël, se réalise à Pâques et s’accomplit dans notre histoire depuis 2000 ans. Ce jour est patient afin que tous puissent y accéder.

Nous avons donc à l’annoncer comme Jean Baptiste mais aussi à l’attendre comme Esaïe.

Amen

 

Print Friendly, PDF & Email