La transfiguration.
Exaltez l’Éternel, notre Dieu,
Et prosternez-vous sur sa montagne sainte !
Car il est saint, l’Éternel, notre Dieu!
Chers sœurs et frères en Christ, quand les hébreux vont sur la montagne, c’est pour rencontrer Dieu. Ainsi Abraham bâtit un autel à l’Éternel sur la Montagne, Moise y mena son troupeau et y rencontra Dieu, à Horeb.
montagne qui est à la fois un sanctuaire, un refuge et un lieu de rencontre mais la montagne est aussi un lieu d’élévation. Et comme nous le dit David «De ma voix je crie à l’Éternel, Et il me répond de sa montagne sainte. » Alors nous l’aurons compris, quand Jésus emmène Pierre, Jean et Jacques avec lui, il ne les emmène pas faire une randonnée
dans la montagne. Il les emmène prier, prier comme une rencontre avec Dieu. C’est aussi l’occasion d’éprouver sa foi car « Ceux qui se confient en l’Éternel Sont comme la montagne de Sion: elle ne chancelle point, Elle est affermie pour toujours. »
Aussi Pierre et ses compagnons doivent être tout fébriles, tout excités à l’idée de partir à la rencontre du « buisson ardent », de « la nuée » comme ils l’ont souvent écouté lors de la lecture de la Torah.
Il est temps de prier.
Pas de buisson ardent et pourtant pendant que Jésus priait, l’aspect de son visage changea, et son vêtement devint d’une éclatante blancheur. C’est oublié qui est Christ, ainsi Dieu ne s’exprime plus à travers un buisson puisque c’est Jésus-Christ qui incarne sa Parole. Alors quand son visage change, quand ses vêtements s’illuminent, c’est la gloire de Dieu qui se manifeste. C’est cela qu’il montre à ses disciples, qu’il nous montre à nous. Jésus prie et dans cette méditation silencieuse son corps se met à l’unisson de son esprit, son corps, ses vêtements deviennent lumineux
comme si cette rencontre se faisait à l’intérieur de Jésus, comme si Jésus devenait le « buisson ardent ».
Et tout d’un coup, sans transition, Moïses et Élie sont là. Ils conversent avec Jésus. Comment les reconnaissent-ils ? C’est un mystère. Comme si Jésus et ses disciples étaient transportés dans un autre univers, un autre espace-temps dirions nous aujourd’hui. Deux des personnages les plus emblématiques, celui qui a donné la Loi et le plus grand des prophètes de l’Ancien Testament, de la Torah, du passé.
Ces personnages qui surgissent d’un passé lointain fascinent nos trois compagnons. Moïse et Élie, deux habitués de la montagne, il est vrai, mais deux figures du passé.Moïse et Élie. Moïse ce combattant de la liberté, cette liberté que Dieu
nous a donnée. Et Élie qui a lutté toute sa vie contre les idoles et l’idolâtrie. Alors, avant de passer le relais, le flambeau, de tourner la page, avec cette nouvelle alliance en Jésus-Christ, Dieu nous invite à sa table et nous rappelle de chérir notre liberté et de nous détourner de toute forme d’idolâtrie.
En emmenant Pierre, Jean et Jacques sur la montagne, Jésus leur demande de prendre de la hauteur, de la distance, à regarder au loin, non pas vers le passé, mais vers un avenir, le notre, celui que Jésus nous ouvre.
Mais eux sont encore dans le passé, passé qu’on ne cesse de sublimer, passé qui rassure face à un avenir incertain. Le passé n’est utile que pour l’expérience qu’il nous donne, expérience qui nous permet de nous tourner vers l’avenir avec plus de sérénité. Le passé n’étant pas un but à atteindre, il est derrière nous, emporté par le temps qui passe.
Jésus est donc en conversation avec Moïse et Élie, et il parle de la mort, sa mort prochaine n’ayant pu le faire avec ses disciples. La mort qui sera vaincu en témoigne Moïse et Élie. Mais quelque grands que soient ces témoins de l’Ancien Testament, ils doivent s’effacer devant la gloire du « Fils bien-aimé ». La loi et les prophètes ont pris fin : dorénavant Dieu parle dans le Fils. Et si nos disciples voyaient en Jésus, la plus part du temps un prophète, ils doivent convenir qu’à ce moment là ils voyaient devant eux le fils de Dieu.
Alors il faut figer ce moment ; Monter les tentes c’est une façon de se fixer comme si l’objectif était atteint, l’histoire écrite, le roman terminé. Monter les tentes, c’est ne plus être dans le présent et donc se laisser emporter par le passé.
Dit comme cela, ça semble évident, pourtant, tous les jours nous consacrons beaucoup d’énergie à vouloir maintenir un passé que l’on regrette, c’était toujours mieux avant. Ah nous les aimons nos vieilles pierres, nos vieux livres et nos reliques ! Pourtant même si c’est Dieu qui nous le donne, il nous faut préparer l’avenir et pour nous chrétiens cela
consiste à préparer le royaume de Dieu. A croire qu’il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre et pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. Jésus transfiguré, c’est le commencement d’une nouvelle ère, c’est une
initiation à quelque chose de nouveau.
Jésus ne se cache pas.
Il prie comme chacun d’entre nous peut le faire.
Il prie dans un endroit calme, sans se soucier de ce qu’il se passe autour
de lui.
La connexion s’établit.
Son visage change.Il s’illumine.
Cela vient de l’intérieur.
Il prie.
Pas de magie.
Pas d’incantation.
Aucun artifice.
Un cadeau qu’il nous fait.
La transfiguration.
Le chemin de la résurrection.
Cette transfiguration nous montre que le corps, l’âme et l‘esprit sont en communion. Si vous blessez le corps, l’âme et l’esprit en souffrent. Si vous élevez votre âme, par la prière comme le fait Jésus à ce moment là, votre corps et votre esprit en bénéficient et cela se voit. Jésus-Christ est le chemin. N’oublions pas qu’il ne cherche pas à briller, à nous émerveiller. Il nous montre ce que nous devons être, ce que nous devons faire en tant que disciple. L’harmonie entre corps, âme et esprit fait partie de notre condition de disciple. Nous devons prendre soin de notre corps, de notre
esprit et de notre âme avec la même volonté.
Et nos disciples sont accaparés par le spectacle de Moïse et d’Élie avec qui Jésus converse, parle de son voyage vers Jérusalem, la passion à venir, une résurrection à vivre. Le temps passe, il est compté et nous disciples, nous sommes un peu à la traîne, nous avons du mal à nous mettre en route malgré les enseignements et sa présence à nos cotés.
Nous nous obstinons à faire de l’espérance une vertu, comme une récompense à venir, alors qu’elle est à vivre, notre espérance est pour demain alors qu’elle doit être pour maintenant. L’espérance n’est pas latente, ce n’est pas attendre non plus.
La transfiguration que Jésus nous montre, il nous l’offre, elle est pour nous, elle est en nous. Il nous a montré comment faire et pour cela il a pris trois témoins, Pierre, Jean et Jacques et si nous en parlons aujourd’hui c’est qu’ils ont pu en témoigner mais il leur a fallu un peu de temps ou d’autres évènements pour le faire.
Nos Disciples sont fatigués, l’ascension a du être rude, ils tombent de sommeil. Ils ont vu la gloire de Dieu à travers Jésus et cela leur suffit, suffit pour faire de beaux rêves alors que cette transfiguration est une invitation à les réaliser. Il n’y a pas de nourriture à partager, ce qu’ils ont vu leur suffit pour la journée. Ils sont pressés de terminer ce jour alors
que nous aurions pu penser qu’ils avaient beaucoup de questions à poser.
Cela nous interpelle sur la distance que nous mettons entre Dieu et nous. Quand il se fait plus présent, qu’il manifeste sa gloire, nous sommes pressés d’aller nous coucher. Étrange réaction de nos disciples. Qu’aurions nous fait à leur place ? Aurions nous prié avec Jésus ou aurions nous choisi d’assister au spectacle dans la nostalgie d’un passé merveilleux ?
Alors montons les tentes, faisons une pause, nous sommes tellement bien entre nous et le moment est idéal. Le temps est compté et il y a tellement à faire. Il ne savait ce qu’il disait.
En fait ils ne sont pas encore prêts, la confrontation avec Dieu, et par confrontation je parle de ce face à face, de cette présence manifestée, cette confrontation leur fait peut-être peur. Jésus leur convient parfaitement en tant qu’homme. Et Dieu peut de nouveau se manifester en buisson ou en nuée comme au temps de Moïse.
Comprenons que nous cherchons tout le temps à répéter ce qui a été fait par le passé car la nouveauté avec son lot d’incertitudes fait peur à la majorité d’entre nous. Il n’y a qu’à voir le monde autour de nous, il n’a jamais été aussi conservateur et les pays conservateurs sont ceux qui se disent Chrétiens avec une place pour Dieu dans de magnifiques églises ou temples à coté des vieux livres, des vieux tableaux et des vieilles reliques. On a qu’à regarder comment on a restauré Notre Dame, avec quel soin on a gratté chacune de ses pierres. Ainsi on maintien Dieu à Distance. Souhaitons nous que cela change ?
En tout cas ce n’est pas ce que Jésus-Christ nous propose. Il nous invite à la transfiguration, à accueillir Dieu en nous, vingt quatre heures sur vingt quatre, sept jours sur sept. Et cela va changer notre apparence, car nous allons rayonner de la vrai vie et cela se verra.
Et de la nuée sortit une voix, qui dit: Celui-ci est mon Fils élu: écoutez-le! Les disciples gardèrent le silence, et ils ne racontèrent à personne, en ce temps-là, rien de ce qu’ils avaient vu.
Ainsi Dieu nous exhorte à écouter Christ ! Cessons nos bavardages, écoutons cette Parole qui nous est donnée dans le silence et méditons là. Le chemin de la résurrection passe par la transfiguration, c’est à dire un changement de notre être en Christ.
Amen